Pourquoi la Joggeuse ?
Cette sculpture en bronze s’inscrit dans la continuité de mon travail autour du corps humain en mouvement, mais aussi plus largement dans mon univers artistique, structuré autour de deux thèmes de prédilection : le sport et le monde animal.
Le sport, en particulier, me permet d’explorer ce qui me fascine : cet instant où le corps se transforme. L’équilibre est en tension, les lignes s’étirent, les appuis deviennent incertains. Le mouvement révèle alors toute sa complexité. J’ai déjà abordé cette recherche à travers des œuvres comme la Skieuse ou le Golfeur, visibles sur mon site.
Avec la Joggeuse, j’ai voulu capter cette dynamique : un corps en action, engagé, presque à la limite de sa stabilité. Cette sculpture sportive en bronze traduit une énergie, une tension, un équilibre fragile. L’ajout d’éléments contemporains — tenue de sport, baskets — inscrit la sculpture dans une réalité actuelle, tout en affirmant une signature visuelle.
De l’idée à la forme : création d’une sculpture du mouvement
Tout commence par une recherche d’images. J’observe, je sélectionne, je compose. Ce travail de documentation me permet de construire le mouvement, d’affiner la posture et de choisir les détails qui donneront vie au personnage.
Puis vient le moment du modelage.
Le modelage : naissance d’une sculpture contemporaine
Je travaille la terre directement, sans armature métallique. Pour stabiliser la sculpture, j’utilise simplement une tige fixée à une potence.
Avec les mains et les doigts, je façonne la matière. La terre résiste, se dérobe ; j’assemble progressivement les différentes parties du corps. Peu à peu, une silhouette émerge, le mouvement apparaît sous les doigts.
Lorsque les formes se précisent, j’utilise des outils en bois. Parmi eux, un outil “2 en 1” que j’affectionne particulièrement : la mirette associée à un ébauchoir. Ils me permettent d’affiner, de creuser, de lisser… d’approcher au plus près de l’intention initiale.
Une fois la sculpture aboutie, j’y appose mon tampon : ma signature.

Séchage et cuisson : transformation de la matière
La pièce est ensuite laissée à sécher lentement à l’air libre, dans un environnement frais. La terre perd progressivement son humidité avant d’être cuite à 980°C.
Cette étape demande du temps — plusieurs semaines — et de la patience. La matière se transforme, se fixe, devient durable.


Le moulage : reproduction de la sculpture originale
Vient ensuite la réalisation du moule, en silicone et en plâtre. Cette étape permet de reproduire fidèlement la sculpture.
Je choisis de conserver le modèle en terre, pour sa texture et sa présence particulière. Il reste une œuvre à part entière.
La cire : étape essentielle avant le bronze
À partir du moule, je réalise une version en cire. Les différentes couches appliquées permettent d’obtenir une reproduction creuse, fidèle à l’original.
Ce creux est essentiel : il prépare la future sculpture en bronze, plus légère et maîtrisée dans sa matière.


Le bronze : réalisation d’une sculpture d’art
La transformation en bronze se fait en fonderie. La cire disparaît sous l’effet de la chaleur, laissant place à un vide dans lequel le métal en fusion est versé.
Après refroidissement, la sculpture apparaît. Mais le travail continue : déplâtrage, soudures, ciselure… autant d’étapes nécessaires pour obtenir une sculpture contemporaine en bronze aboutie.
Soclage et patine : mise en valeur de la sculpture
Le choix du socle fait partie intégrante de la création. Il soutient, met en valeur et dialogue avec la sculpture.
Puis vient la patine : la dernière “peau” de l’œuvre. Elle lui donne sa couleur, sa profondeur et son caractère unique.


Exposition : la rencontre avec le public
Enfin, la sculpture est prête à être présentée.
Ce long processus de création — souvent entre six mois et un an — trouve son aboutissement dans la rencontre avec le regard du public. C’est à ce moment que la sculpture prend pleinement vie.
Une sculpture du mouvement et de l’élan
La Joggeuse est une sculpture contemporaine en bronze qui invite à ressentir le mouvement, à percevoir l’équilibre fragile du corps en action.
Elle évoque une sensation universelle : l’élan d’avancer.
